Jocelyn Cottencin

Music is at full blast, deafening silence.

Music is at full blast, deafening silence.

Music is at full blast, deafening silence est une phrase qui se matérialise et se déploie sur le mur à partir de tubes en néon bleu.

Elle donne à lire : « La musique est à fond, le silence assourdissant ».
Mais l’œuvre ne réduit pas à ce seul acte de lecture optique.
En effet, le visiteur se saisit de cette déclaration aussi bien par ses qualités sculpturale, lumineuse, typographique que sonore. Ces données, volontairement confondues par l’artiste le temps d’un regard, propulse l’énoncé dans une cascade de mouvements incessants :

-- le mouvement est d’abord celui du gaz de néon circulant à l’intérieur du tube, mais aussi celui de la diffusion de cette lumière bleue au-delà du tube, modifiant les coordonnées du lieu, laissant la possibilité au visiteur d’appréhender autrement l’exposition.
-- le mouvement tient également de la typographie conçue par l’artiste, une typo « BF-15 » qui a ce pouvoir d’amorcer des connexions et des embranchements rhizomatiques. En d’autres termes, si c’est dit , là dans l’espace, tout reste à faire et à défaire, perpétuellement.
-- le mouvement est enfin ce pouvoir que l’œuvre a de donner à voir du son : la puissante visualité de la phrase génère des images sonores qui ne sont certes pas audibles, mais des images qui sont lourdes de sons et de sens : cacophonie du monde consommable, répression des sons du vivant, babils de surface et violence d’un réel étouffé.

De fait, le visiteur est simultanément pris entre absorption et méfiance critique quant à l’expérience de l’œuvre. Ce sont certainement ces écarts et ces relations insoupçonnées qui la qualifie d’une puissance (é)mouvante et déstabilisante.

Larys Frogier

Production : La Criée centre d'art contemporain, Rennes

 

Music is at full blast, deafening silence.

“Music is at full blast, deafening silence” is a phrase that takes shape and unfolds across the wall using blue neon tubes.

It reads: “Music is at full blast, deafening silence.”
But the work is not limited to this single act of visual reading.
Indeed, the visitor engages with this statement through its sculptural, luminous, typographic, and sonic qualities. These elements, deliberately blurred by the artist for the duration of a glance, propel the statement into a cascade of ceaseless movements:

-- the movement is first that of the neon gas circulating inside the tube, but also that of the diffusion of this blue light beyond the tube, altering the coordinates of the space and allowing the visitor to perceive the exhibition in a different way.
-- the movement also stems from the typography designed by the artist, a “BF-15” typeface that has the power to initiate rhizomatic connections and branches. In other words, even if it is stated there in the space, everything remains to be done and undone, perpetually.
-- Finally, the movement is the work’s power to make sound visible: the phrase’s powerful visuality generates sonic images that are certainly not audible, but images heavy with sound and meaning: the cacophony of the consumable world, the suppression of the sounds of the living, the babbling of the surface, and the violence of a stifled reality.

In fact, the viewer is simultaneously caught between absorption and critical skepticism regarding the experience of the work. It is undoubtedly these contrasts and unexpected connections that give it a moving and unsettling power.

Larys Frogier

Production: La Criée Center for Contemporary Art, Rennes